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La Famille Pâtissier

La Famille Pâtissier 
Tous les matins je passe devant cette pâtisserie,
et aussi chaque soir.
Cette vitrine me fait rêver.
Finalement je rentre.
Je veux un cadeau. Un cadeau à envoyer en France. 
Fêter ma formidable maman.
A l’intérieur, c’est un peu compliqué de comprendre la différence entre les gâteaux..oulala…


…je ne saisis pas très très précisément les explications.. ils font de leur mieux , et avec une telle générosité :  j’ai goûté plein de choses… amenées sur un plateau..! Incroyable !
Nous rions beaucoup.
et je fais de mon mieux en japonais.
Je voulais un cadeau et finalement j’ai pris en plus des choses pour Mitsuë san et moi.

J’ai très bien compris que le gâteau dans le paquet blanc devait se manger dans la journée –

Que le paquet violine c’est vraiment maximum 12 jours – il doit donc arriver en France très vite , avant le 24 novembre.

Et le paquet vert.. 
“oulala madame pas plus de 10 – 14 jours »
 Je ne sais pas vous faire le “oulala” en japonais , mais j’ai bien compris quand ils me l’ont expliqué … 

Retour à la maison..dégustation…

Évidemment je commence avec celui à manger le jour même – En le déballant je vois bien qu’il est fourré. Je ne m’attends pas à y trouver.. est ce de la crème chantilly ??! … du moins un composant très frais qui ne se conserve pas ..je ne sais pas lequel , mais Ô comme j’ai aimé !!

Quelques heures de révision après ..petite faim, besoin d’énergie..le second qui se conserve 10 – 12 jours sera quand même bien plus frais cette nuit. C’est parti !

Je discerne la différence de texture, je sens bien un goût différencié – mais cela n’est pas évident.. la base est toujours le haricot rouge.. du coup…mais bon, Ô très bon!

Et bien minuit..révision…troisième ?
J’ai adoré celui là ! Je n’ai aucune idée de la différence en terme de composants mais que de nuances – sans aucun doute, ni aucune hésitation – cela n’est pas la même pâte de  haricot rouge ? forcément ?! – Enchantée Number 3 !

Je ne vous dirai pas la subtilité des différences : je suppose que c’est comme la langue japonaise, cela nécessite du temps, de la persévérance, de l’expérience… dans 10 ans ..? Mais quel bonheur infini que cette pâtisserie !!

Cette famille est magnifique !
Merci Famille Pâtissier
!

(PS : Mitsuë san m’a dit que c’est une des pâtisseries les plus réputées de Kyoto..pas de hasard..)

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Toko Shinoda – 篠田 桃紅

Toko Shinoda – 篠田 桃紅
Artiste japonaise – Encre
Tokyo

Depuis un an ou deux je rêvais de voir le travail de cette femme japonaise de bientôt 105 ans.
A Tokyo, je loge chez Suzumi ,
Suzumi trouve la galerie qui expose Toko Shinoda à Tokyo. Bonheur !
Nous nous y retrouvons en fin de journée.

 La force de ses encres est indescriptible. 

Une dame de la galerie a vécu deux ans à Bordeaux – nous échangeons longuement en français sur ce travail et cette dame dont elle a visité l’atelier.
Ce que j’ai de la chance : merci la vie !

Toko Shinoda  en 2015, extraits d’interview

La première fois que vous avez utilisé de l’encre de Chine, c’était il y a près de 100  ans. Comment trouvez-vous encore de l’inspiration?

C’est compliqué de vous le dire. Mais comme tous les êtres humains, j’ai cinq sens et c’est à travers eux que je trouve des sources d’inspiration. J’essaie de traduire ce que je ressens dans mes œuvres. Les gens disent que je vis depuis plus de cent ans, mais le temps n’a pas de limites. Un jour je mourrai, mais mes créations me survivront pour l’éternité.

 Vous privilégiez depuis vos débuts l’encre de Chine.
Qu’est-ce qui vous fascine dans cette matière?

L’encre, sa couleur, est la meilleure matière pour exprimer ce que je ressens dans mon cœur. Mes sentiments sont assez abstraits. Par exemple, si je peins une ligne rouge avec de l’acrylique, elle est définitivement rouge. Avec une couleur, il est difficile d’exprimer ce que l’on ressent. La raison pour laquelle j’ai choisi l’encre de Chine, c’est qu’elle offre la plus grande variété de couleurs et de variations. Elle n’est pas seulement noire, son intensité varie évidemment.

L’encre me donne la plus grande liberté artistique. Elle offre aussi la plus grande liberté d’imagination aux spectateurs. Mon art dépend donc de l’imagination des gens. Pour tout vous dire, j’ai réalisé il n’y a pas si longtemps que l’encre de Chine ne peut être totalement maîtrisée durant le laps de temps d’une vie comme la mienne.
(…)

Toko-Shinoda-篠田-桃紅-

Pourriez-vous décrire vos œuvres?

Demander à un artiste de décrire ses œuvres, c’est comme essayer d’attraper un poisson dans un buisson. En fait, je pense que mes œuvres n’expriment rien. Regardez les nuages, ils n’expriment pas leur tristesse, leur bonheur, ou leur rage. Mais même s’ils n’expriment rien, on aime parfois les regarder. J’essaie, à travers l’art, de parler aux gens, de leur donner une source d’imagination qui a quelque chose à voir avec l’essence humaine.

Mon art ne s’adresse pas à des gens en particulier, à des races, aux riches ou aux pauvres. Il n’est pas discriminant. Si l’art peut relier les gens, les faire interagir à travers quelque chose de commun à l’espèce humaine, alors il peut contribuer à la paix dans le monde entier. Mais nous n’avons pas encore atteint cette étape. J’espère que l’art y parviendra un jour. (…)

Source : https://www.letemps.ch/culture/toko-shinoda-102-ans-peindre-une-ligne-un-reve