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IKÉMATO

IKÉMATO  イケマト
Ce nom est un hommage à messieurs Daisaku IKÉDA (1928-  ) Tsunesaburo MAKIGUCHI (1871-1944) et Josei TODA (1900 – 1958) trois hommes de nationalité japonaise qui ont, à leur manière et librement donné leurs vies pour le respect de la dignité de la vie, et pour faire avancer la paix, l’éducation et la culture.

IKÉMATO イケマト associe le début de leurs trois noms de famille.
C’est un moyen pour moi de leur exprimer mon immense gratitude et ma reconnaissance sincère pour toutes les actions qu’ils ont mené en faveur de la paix dans le monde entier.

La paix et le respect de la dignité de chaque vie humaine sont pour moi les principes les plus importants et les plus précieux.

Daisaku Ikéda écrit :
«(…) Mais nous ne devons pas nous laisser égarer. Nous ne devons jamais abandonner notre engagement envers la paix, notre désir d’apprendre et notre amour pour l’humanité. Mettre nous-mêmes ces valeurs en pratique et encourager les autres à les partager demande aussi du courage. Ce courage existe en nous. Nous devons le faire surgir de l’intérieur de notre vie. Suivre stupidement la foule n’est pas courageux mais lâche. Cela relève du fascisme et non de la démocratie. (…)
Ce n’est que lorsque les individus ont le courage de se dresser par eux-mêmes que le monde s’oriente dans la direction de la paix et du bien. Et, quand ces individus courageux coopèrent et s’unissent en une forte solidarité, ils peuvent changer la société. Mais tout commence par vous. Vous devez faire preuve de courage. Tout le reste découle de là.
Le courage est indissociable de la justice. (…) »

Extrait de « Ceux qui sont forts se dressent seuls » – Daisaku Ikéda – La sagesse pour créer le bonheur et la paix , volume 2 – La Révolution Humaine – Partie 2/2

Daisaku IKEDA, Herbie HANCOCK et Wayne SHORTER

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

Daisaku Ikéda a notamment publié :
Jazz, bouddhisme et joie de vivre”,
avec Herbie Hancock et Wayne Shorter
“Dialogue pour la paix”,
avec Mikhaïl Gorbatchev
“La sagesse de la tolérance”,
avec Abdurrahman Wahid
“Cri d’alarme pour le xxie siècle”,
avec Aurelio Peccei
“Toute une vie à la recherche de la paix”,
avec Linus Pauling

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16 MARS en France

Le 16 mars – France – Confinement

Entre le 16 mars et le 3 mai, date à laquelle je mets mon site internet en ligne, le mouvement de ma vie s’est accordé à celui du monde entier – accordé au silence – inventer le nom des oiseaux qui s’en empare.

Au début je travaillais à l’atelier – un peu – mais quel sens mettre dans l’action de mon travail «comme avant » ?
Boutiques fermées, hôpitaux engorgés.
Qu’était devenu le faire ?

Je travaille avec des kimonos usagés, déformés par les corps qui les ont porté ; leur trame et leur chaine sont distendues d’avoir suivi les gestes de ces corps.
Avant, j’étais réjouie d’imaginer toutes ces personnes en kimonos ; tous ces vêtements – secondes peaux – me racontaient des promenades à Kyoto.
Mais là, ils me disaient tout autre chose – forcément.
Alors j’ai commencé à coudre des petits morceaux ensemble – comme des tapisseries de vies multiples – je pensais hommage, souvenir, trace ?  En tous cas c’était différent. Je voulais faire une grande tapisserie d’empreintes de vies avec chaque tissu différent – mélanger, associer, mêler – je n’ai pas assez de vêtements distincts ; je voudrais une pièce de vêtement par personne, il me faudra beaucoup de temps pour cette tapisserie monde. Je fais des pas de couture et de liens par ci par là, selon les jours – travail en cours.

Un peu bloquée par le manque pour cette tapisserie, je suis retournée au dessin. bribes de kimono, motifs du tissu – 
dessins d’encre de chine noire.

Clémentine m’a envoyé une photo de collages et je suis retournée au tissu. Quand je travaille, je garde toutes les petites chutes de tissu – obsession des traces ?

De ces petits bouts je commence à composer des  cousus collés – collages tissus papier – fragments.

L’arrêt du temps emmène à d’autres endroits.
M’ajuster.
Retour de liberté.
Être en vie.

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Par Hasard – Musée de la Vieille Charité

PAR HASARD
Ikémato est à la boutique du musée 
La Vieille Charité – Marseille
Exposition – Du 18 octobre au 23 février 2019

Le Hasard  
impondérable, intersection accidentelle, coïncidence –
Je suis partie au Japon en 2015 pour étudier le japonais et rencontrer Tomoko Nakamichi architecte du volume textile –  
j’y ai croisé les motifs des kimonos, mon travail est allé ailleurs.
Par hasard.
Cette rencontre avec les motifs de tissus japonais m’a ouvert des chemins – et je crois que cette rencontre, même si elle ne correspondait pas à mon projet de départ, n’était que le résultat d’attirances antérieures, d’un goût qui préexistait. 

Extrait du Catalogue de l’exposition 
Du hasard au sublime
Il est la tache d’encre de Victor Hugo, l’hésitation d’une impression d’un monotype de Degas, un coup de dés de Mallarmé, qui jamais n’abolira le hasard. L’ivresse d’une oeuvre d’art. A l’inverse de l’enseignement artistique, l’intervention du hasard dans le processus créatif de l’oeuvre permet à l’artiste de se libérer des règles de la représentation.(…)”
Guillaume Theulière

« Je crois que le beau n’est pas une substance en soi, mais rien qu’un dessin d’ombres, qu’un jeu de clair-obscur produit par la juxtaposition de substances diverses.” 
Junichirô Tanizaki Éloge de l’Ombre extrait 

“Le hasard c’est ma matière première,
c’est mon blanc.”
Arman, dans Renard 1969, p.15

Merci infiniment à
Raphaëlle Barbet – Les ÉCHELLES ,
Concept store éphémère pour les musées,
de présenter, vendre mes créations.
Au fil du temps, des expositions…

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WABI SABI – Exposition collective

WABI-SABI ou la beauté de l’imperfection 
Ikémato s’expose chez Marianne Cat, Marseille

Ikémato participe à l’exposition “Wabi-Sabi, la beauté de l’imperfection” au concept store Marianne Cat à Marseille.

La philosophie japonaise du WABI-SABI ou la beauté dans l’imperfection, vue par de nombreux artistes et artisans, c’est jeudi 19 septembre – 18h et c’est chez MARIANNE CAT.
Le Wabi-Sabi est “la beauté des choses imparfaites, impertinentes et incomplètes. C’est la beauté des choses modestes et humbles. C’est la beauté des choses atypiques” nous dit Léonard Koren dans son ouvrage “Wabi-Sabi à l’usage des artistes et designers, poètes et philosophes”. Dans le Wabi-Sabi il est question de préserver, de maintenir en vie – des choses, objets, matières simples, naturels, irrégulières; de s’accorder avec l’usure ou la corrosion pour entrevoir l’essentiel.
Le Wabi-Sabi 侘寂 a une affinité avec le mineur et le caché, l’indécis et l’éphémère “ écrit Léonard Koren, “les objets Wabi-Sabi sont des expressions du temps figées”.

Le Wabi-Sabi correspond surtout à un ressenti, il est très difficilement traduisible. Quand j’ai demandé à des amies japonaises de m’en parler elles m’ont toutes répondu que c’était bien compliqué mais que mon travail était en correspondance à l’endroit où il parle du temps qui passe et qui abîme – que ces kimonos usés , transformés donnent à voir de la beauté d’une vie, d’une personne, d’un pays.

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ouvrage à Aix- en automne vers noël

Set de table “Fin de repas...” - Agnès Dosmas Krier - Coton tissé et peinture

ouvrage en  automne vers Noël
Je ne me souviens plus de comment, ou par qui j’ai découvert cet ouvrage – ni trop de quand –
sans doute en 17 ?
Peut-être en sortant d’un cours de japonais  –
le lieu n’est pas si loin –
La vitrine attirante, et ce nom : ouvrage, avec un petit « o ».
Ouvrage :  action de mettre (quelque chose) en œuvre, de travailler – j’entends patience, temps, résultante.
Entrer, découverte.

Les grès noirs anthracites de Patricia Vieljeux – le grain de ce grand bol acheté alors continue de me fasciner – la finesse infinie du bord ;  le côté lisse au regard de l’objet et granuleux au toucher. Et cette fausse légèreté quand je le soupèse. Grand bol -nous y avons déposé des os de squelette d’un moose d’Ecosse , deux fleurs d’orchidée séchées, une crotte séchée de moose, une brosse à peindre de Kyoto et un fragment de corail blanc.

Admirative du travail d’Agnès Domas Krier, notamment de ses sacs tissés d’orties et de lin je suis revenue avec Vanessa. Longs beaux échanges avec Agnès qui travaille sur place – talentueuse et rieuse artisane.

Je suis revenue à l’automne suivant – Ouvrage a associé mon travail aux pièces de leur galerie boutique – Grande joie ! Merci! créations tissées, céramiques, bois brûlés…
Allant vers Noël.

Boutique ouvrage…
46, rue du Puits Neuf 13100
Aix-en-Provence
+33 (0)9 53 37 81 41
+33 (0)6 76 19 07 56
Ouvert du mardi au vendredi
de 10h à 12h30 et de 14h à 19h
et le samedi matin de 10h à 12h30

Proximité Place et parking Bellegarde Diabline Ligne C

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Artisan Marseille

Devenir Artisan à Marseille en Provence  toute une aventure pour moi ! ! 
Quand je m’installe le 3 mai 2018 et rejoins donc ainsi la Chambre des Métiers et de l’Artisanat  c’est déjà le résultat de tout un chemin de rencontres, de voyages, de recherches, de travail.
Je suis vraiment heureuse !
S’installer – drôle de terme –  m’installer en tant qu’artisan ; ouvrir un nouveau chemin de vie – y’a du bonheur pour moi ce 3 mai 18 !
L’artisanat, le fait main c’est une des fascination de  mon adolescence; fascination revenue à la surface il y a une dizaine d’années : je commençais alors des cours de couture et de langue japonaise à Marseille.
Devenir artisan – artisane – c’est comme une chose poétique du geste auquel je me rallie.
Artisan, 職人、façonnier, fabricant, ouvrier, ouvrière, manuelle, maître artisan, 匠, たくみ、craftwoman.. Regroupement du bonheur de la diversité; de pluralités. A l’origine artisan et artiste sont ceux qui mettent leurs habileté, savoir faire, technique au service / bénéfice d’autrui – En travaillant les kimonos qui ont déjà été portés, en leur donnant une seconde vie suis-je au service d’autrui ? Je vais y réfléchir … ಠ‿↼

Artisan Marseille France 
So Happy ! Ravie d’en être ! ! !

Artisane Vouillemin

Définition de l’Artisanat –  
“l’artisanat regroupe les personnes physiques ou morales qui n’emploient pas plus de 10 salariés et exercent à titre principal ou secondaire une activité professionnelle indépendante de production, de transformation, de réparation (..)”
Source INSEE

La pochette de Mitsuësan
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Rencontre

RENCONTRE
J’allais avec Anaïs voir l’exposition  « Jack London dans les mers du sud » au Musée de la vieille Charité de Marseille. « Tout en faisant revivre le souffle de l’aventure maritime et la magie des rencontres effectuées, cette exposition constituera une ouverture formidable sur la diversité culturelle des peuples du Pacifique. »
( Source : www.vieille-charite-marseille.com)

La magie des  rencontres
Dans la boutique – flânant 
Acheter un livre de voyage peut être ?
Mon regard croise des origamis – délicates grues –
Au Japon, une légende dit : « Quiconque plie mille grues de papier verra son vœu exaucé. » La grue d’origami est devenue un symbole de paix en raison de cette légende, et est associée également à une jeune fille japonaise, Sadako Sasaki.

                    Pliages de papier aérien 
                     Mélodieuses grues 

J’ai vu quelque part, un jour, ce travail
« Excusez moi, c’est bien Raphaëlle.. Raphaëlle quelque chose qui les a fait n’est ce pas ? »
« Oui , Raphaëlle Barbet »
« Ô j’aime tellement «
« (sourire)… Raphaëlle Barbet c’est moi. (éclat de rire) »
..rencontre..

Je venais à la rencontre des aventures de Jack London,
il était question de s’aventurer.
Un voyage avec Jack London , deux rencontres.
Ai acheté un mobile en poésie d’origamis pour Jules, «délicatement inutiles, subtilement volatiles » dit elle.
Sa boutique était un cabinet de curiosités bonheurs.

« Dans le concept store Les ÉCHELLES, dialoguent le beau, l’utile, le subtilement inutile mais pas le mercantile.(…)”
(Source: www.lesechelles.com)

Rencontre, subst.fém

Fait de se trouver fortuitement en présence de quelqu’un. Rencontre fortuite, imprévue, inattendue, inopinée, insolite, providentielle; rencontre agréable, fâcheuse.
(Source: www.cnrtl.fr)

Le grand rire de Raphaëlle est sans doute son éclat d’enthousiasme à la vie.
Cet élan  qui dit : « Ô ben ouii ! On le fait !
On y va ! On tente ! »
Elle a l’éclat des personnes enthousiastes
Celle pour qui la vie s’ouvre,
pour qui un nouveau chemin ? c’est oui !

Rencontre à “La Caravelle”

J’étais en retard à notre rendez-vous.
J’avais glissé dans mes cheveux sous la douche une brosse à dent – je l’avais encore  
« elle est assortie à ta tenue » me dit Raphaëlle.
Je l’ai changé pour un crayon.
Elle a aimé mon travail comme j’aime le sien.

Notre chemin a commencé avec  
« Picasso, voyages imaginaires » (fév juin 2018). Mes créations en kimono ancien ont plu.
J’avais, inspirée par Picasso, dessiné sur des draps anciens, puis confectionné des pochettes.

Nous avons poursuivi la rencontre avec
 « Jazz in love » (juillet sept 2018), puis lors de l’exposition «Sahara, Mondes connectés »
(mai sept 2019.)
Toujours dans sa boutique Les Échelles,
au Musée de la vieille Charité.
Et la rencontre continue..

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Premiers pas chez Nebka

EXPOSITION VENTE 
Chez NEBKA 
22 et 23 septembre 2017
Nebka, nom féminin (nɛbka), 
Petite dune formée à l’abri d’une touffe de végétation.

En mai 2017, nous allions avec Anaïs à la rencontre de rencontres, montrer mon travail.
Au bel hasard de la vie nous avons rencontré Géraldine – grande dame de coeur et de rires – belle personne, tenant la boutique Nebka – Marseille Préfecture.

Géraldine a aimé mon travail.
Dans sa boutique je trouve des propositions de couleurs, de matières belles, justes.
Il existe une cohérence du choix , des provenances, des modes de fabrication.
Et puis Géraldine a un accueil enthousiaste, de l’élan 
Une passion joyeuse et de l’âme.

Nebka, c‘est une petite boutique pas comme les autres où on se sent bien et où l’on peut dénicher un style unique accompagné d’un conseil adapté à chacune  selon la saison, l’occasion et nos envies.
(Source: Site Nebka)

EXPOSITION VENTE 
22 et 23 septembre 2017
6 rue Edmond Rostand – Marseille 6ème

Nebka fête ses 11 ans
– Pour l’occasion, Géraldine m’offre une de ses deux boutique juste pour moi, pour le week-end.
Quel cadeau ! 
Reconnaissance 
Merci infiniment Géraldine.
Les 3 week ends suivant Nebka accueille Marie Labarelle, Eve Meunier et les créations Abyss.

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La Famille Pâtissier

La Famille Pâtissier 
Tous les matins je passe devant cette pâtisserie,
et aussi chaque soir.
Cette vitrine me fait rêver.
Finalement je rentre.
Je veux un cadeau. Un cadeau à envoyer en France. 
Fêter ma formidable maman.
A l’intérieur, c’est un peu compliqué de comprendre la différence entre les gâteaux..oulala…


…je ne saisis pas très très précisément les explications.. ils font de leur mieux , et avec une telle générosité :  j’ai goûté plein de choses… amenées sur un plateau..! Incroyable !
Nous rions beaucoup.
et je fais de mon mieux en japonais.
Je voulais un cadeau et finalement j’ai pris en plus des choses pour Mitsuë san et moi.

J’ai très bien compris que le gâteau dans le paquet blanc devait se manger dans la journée –

Que le paquet violine c’est vraiment maximum 12 jours – il doit donc arriver en France très vite , avant le 24 novembre.

Et le paquet vert.. 
“oulala madame pas plus de 10 – 14 jours »
 Je ne sais pas vous faire le “oulala” en japonais , mais j’ai bien compris quand ils me l’ont expliqué … 

Retour à la maison..dégustation…

Évidemment je commence avec celui à manger le jour même – En le déballant je vois bien qu’il est fourré. Je ne m’attends pas à y trouver.. est ce de la crème chantilly ??! … du moins un composant très frais qui ne se conserve pas ..je ne sais pas lequel , mais Ô comme j’ai aimé !!

Quelques heures de révision après ..petite faim, besoin d’énergie..le second qui se conserve 10 – 12 jours sera quand même bien plus frais cette nuit. C’est parti !

Je discerne la différence de texture, je sens bien un goût différencié – mais cela n’est pas évident.. la base est toujours le haricot rouge.. du coup…mais bon, Ô très bon!

Et bien minuit..révision…troisième ?
J’ai adoré celui là ! Je n’ai aucune idée de la différence en terme de composants mais que de nuances – sans aucun doute, ni aucune hésitation – cela n’est pas la même pâte de  haricot rouge ? forcément ?! – Enchantée Number 3 !

Je ne vous dirai pas la subtilité des différences : je suppose que c’est comme la langue japonaise, cela nécessite du temps, de la persévérance, de l’expérience… dans 10 ans ..? Mais quel bonheur infini que cette pâtisserie !!

Cette famille est magnifique !
Merci Famille Pâtissier
!

(PS : Mitsuë san m’a dit que c’est une des pâtisseries les plus réputées de Kyoto..pas de hasard..)

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Toko Shinoda – 篠田 桃紅

Toko Shinoda – 篠田 桃紅
Artiste japonaise – Encre
Tokyo

Depuis un an ou deux je rêvais de voir le travail de cette femme japonaise de bientôt 105 ans.
A Tokyo, je loge chez Suzumi ,
Suzumi trouve la galerie qui expose Toko Shinoda à Tokyo. Bonheur !
Nous nous y retrouvons en fin de journée.

 La force de ses encres est indescriptible. 

Une dame de la galerie a vécu deux ans à Bordeaux – nous échangeons longuement en français sur ce travail et cette dame dont elle a visité l’atelier.
Ce que j’ai de la chance : merci la vie !

Toko Shinoda  en 2015, extraits d’interview

La première fois que vous avez utilisé de l’encre de Chine, c’était il y a près de 100  ans. Comment trouvez-vous encore de l’inspiration?

C’est compliqué de vous le dire. Mais comme tous les êtres humains, j’ai cinq sens et c’est à travers eux que je trouve des sources d’inspiration. J’essaie de traduire ce que je ressens dans mes œuvres. Les gens disent que je vis depuis plus de cent ans, mais le temps n’a pas de limites. Un jour je mourrai, mais mes créations me survivront pour l’éternité.

 Vous privilégiez depuis vos débuts l’encre de Chine.
Qu’est-ce qui vous fascine dans cette matière?

L’encre, sa couleur, est la meilleure matière pour exprimer ce que je ressens dans mon cœur. Mes sentiments sont assez abstraits. Par exemple, si je peins une ligne rouge avec de l’acrylique, elle est définitivement rouge. Avec une couleur, il est difficile d’exprimer ce que l’on ressent. La raison pour laquelle j’ai choisi l’encre de Chine, c’est qu’elle offre la plus grande variété de couleurs et de variations. Elle n’est pas seulement noire, son intensité varie évidemment.

L’encre me donne la plus grande liberté artistique. Elle offre aussi la plus grande liberté d’imagination aux spectateurs. Mon art dépend donc de l’imagination des gens. Pour tout vous dire, j’ai réalisé il n’y a pas si longtemps que l’encre de Chine ne peut être totalement maîtrisée durant le laps de temps d’une vie comme la mienne.
(…)


Pourriez-vous décrire vos œuvres?

Demander à un artiste de décrire ses œuvres, c’est comme essayer d’attraper un poisson dans un buisson. En fait, je pense que mes œuvres n’expriment rien. Regardez les nuages, ils n’expriment pas leur tristesse, leur bonheur, ou leur rage. Mais même s’ils n’expriment rien, on aime parfois les regarder. J’essaie, à travers l’art, de parler aux gens, de leur donner une source d’imagination qui a quelque chose à voir avec l’essence humaine.

Mon art ne s’adresse pas à des gens en particulier, à des races, aux riches ou aux pauvres. Il n’est pas discriminant. Si l’art peut relier les gens, les faire interagir à travers quelque chose de commun à l’espèce humaine, alors il peut contribuer à la paix dans le monde entier. Mais nous n’avons pas encore atteint cette étape. J’espère que l’art y parviendra un jour. (…)

Source : https://www.letemps.ch/culture/toko-shinoda-102-ans-peindre-une-ligne-un-reve