Publié par Laisser un commentaire

Murmures Orange Bleu

Murmures d’ Orange et de Bleu 
Deux kimonos – Deux murmures de vies.
Je travaille avec des murmures de vies.

En anglais murmure se dit whisper  – j’entends Tracy Chapman – j’étudiais  à Londres Don’t you know, They’re talkin’ ’bout a revolution It sounds like a whisper
Je l’écoutais chuchoter whisper,  cette sonorité incarnait son sens – j’ai adoré ce mot depuis elle.
En japonais ささやき (prononciation : Sassayaki) signifie chuchoter, murmurer, murmure.
Est ce que l’anglais et le japonais l’emportent pour évoquer par le son le sens ? Y mettant des images ; ma mémoire s’attache au whisper de Tracy Chapman et à ce qu’il porte d’indispensable et de nécessaire au monde.

Ao あお  青 le bleu , la couleur bleue
Ao (あお) signifie bleu et également vert. Son   kanji, 青 englobe les notions de printemps de la vie ; de pâle ; d’immaturité.
Les légumes verts sont bleus, jeunes, frais –  青いやさい, aoi yasai, et les pommes vertes sont bleues 青リンゴ, aoringo.
Le feu passe au bleu et les voitures avancent –   青い信号aoi shingou
Et même si le terme vert , みどり, midori, est apparu à l’époque Heian (794-1185) j’aime beaucoup l’idée que les feux restent rouge, orange, bleu. Est ce que si je dis que le feu est bleu je vais finalement le voir bleu alors que je l’ai toujours connu vert ? 
Le langage me déplace –
plus je vais vers le japonais plus je me rapproche du sens des mots.

Daïdaïïro  橙色   / Orendjiiroオレンジ色
L’orange – la couleur orange  
Je découvre que le mot japonais pour désigner la couleur orange est devenu オレンジ色 (orendjiiro) récemment, dérive de l’anglais, cela s’entend. 
Avant cela l’orange se disait Daïdaïiro 橙色 .
Iro
signifie couleur (色) et  Daïdaï (橙) orange amère, bigarade.

Bigarade : Variété d’orange amère utilisée en cuisine, en confiserie, en parfumerie, ainsi que pour la fabrication de certaines boissons, dont le curaçao. (Source www.cnrtl .fr)

. . . Dès l’âge de six ans, j’ai commencé à dessiner, et pendant quatre-vingt-quatre ans, j’ai travaillé dans l’indépendance des écoles, ma pensée , tout le temps , tournée vers le dessin.
Or donc, comme il m’est impossible de tout exprimer en un si petit espace, je voudrais seulement apprendre que le vermillon n’est pas la laque carminée, que l’indigo n’est pas le vert, et aussi apprendre, d’une façon générale, le maniement du rond, du carré, des lignes droites ou courbes ; 
et si j’arrive un jour à donner une suite à ce volume, je mettrai les enfants en état de rendre la violence de l’Océan, la fuite des rapides, la tranquillité des étangs, et chez les vivants de la terre, leur état de faiblesse ou de force.
En effet, il y a des oiseaux qui ne volent pas très haut, des arbres à fleurs qui ne produisent pas de fruits, et toutes ces conditions de la vie autour de nous méritent d’être étudiées à fond, et si j’arrive à persuader les artistes de cette vérité , j’aurai le premier traîné ma canne sur le chemin.
Texte reproduit dans Edmond de Goncourt, Hokusai, Flammarion , Paris 1896
 
(…) J’envie aux Japonais l’extrême netteté qu’ont toutes choses chez eux.
Jamais cela n’est ennuyeux et jamais cela paraît fait trop à la hâte.
Leur travail est aussi simple que de respirer et ils font une figure en quelques traits sûrs avec la même aisance comme si c’était aussi simple que de boutonner son gilet.
Lettres de Vincent Van Gogh à son frère Théo – Editions Bernard Grasset , Paris 1937
Vincent Van Gogh - Inspiration japonaise
Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *