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Toko Shinoda – 篠田 桃紅

Toko Shinoda – 篠田 桃紅
Artiste japonaise – Encre
Tokyo

Depuis un an ou deux je rêvais de voir le travail de cette femme japonaise de bientôt 105 ans.
A Tokyo, je loge chez Suzumi ,
Suzumi trouve la galerie qui expose Toko Shinoda à Tokyo. Bonheur !
Nous nous y retrouvons en fin de journée.

 La force de ses encres est indescriptible. 

Une dame de la galerie a vécu deux ans à Bordeaux – nous échangeons longuement en français sur ce travail et cette dame dont elle a visité l’atelier.
Ce que j’ai de la chance : merci la vie !

Toko Shinoda  en 2015, extraits d’interview

La première fois que vous avez utilisé de l’encre de Chine, c’était il y a près de 100  ans. Comment trouvez-vous encore de l’inspiration?

C’est compliqué de vous le dire. Mais comme tous les êtres humains, j’ai cinq sens et c’est à travers eux que je trouve des sources d’inspiration. J’essaie de traduire ce que je ressens dans mes œuvres. Les gens disent que je vis depuis plus de cent ans, mais le temps n’a pas de limites. Un jour je mourrai, mais mes créations me survivront pour l’éternité.

 Vous privilégiez depuis vos débuts l’encre de Chine.
Qu’est-ce qui vous fascine dans cette matière?

L’encre, sa couleur, est la meilleure matière pour exprimer ce que je ressens dans mon cœur. Mes sentiments sont assez abstraits. Par exemple, si je peins une ligne rouge avec de l’acrylique, elle est définitivement rouge. Avec une couleur, il est difficile d’exprimer ce que l’on ressent. La raison pour laquelle j’ai choisi l’encre de Chine, c’est qu’elle offre la plus grande variété de couleurs et de variations. Elle n’est pas seulement noire, son intensité varie évidemment.

L’encre me donne la plus grande liberté artistique. Elle offre aussi la plus grande liberté d’imagination aux spectateurs. Mon art dépend donc de l’imagination des gens. Pour tout vous dire, j’ai réalisé il n’y a pas si longtemps que l’encre de Chine ne peut être totalement maîtrisée durant le laps de temps d’une vie comme la mienne.
(…)


Pourriez-vous décrire vos œuvres?

Demander à un artiste de décrire ses œuvres, c’est comme essayer d’attraper un poisson dans un buisson. En fait, je pense que mes œuvres n’expriment rien. Regardez les nuages, ils n’expriment pas leur tristesse, leur bonheur, ou leur rage. Mais même s’ils n’expriment rien, on aime parfois les regarder. J’essaie, à travers l’art, de parler aux gens, de leur donner une source d’imagination qui a quelque chose à voir avec l’essence humaine.

Mon art ne s’adresse pas à des gens en particulier, à des races, aux riches ou aux pauvres. Il n’est pas discriminant. Si l’art peut relier les gens, les faire interagir à travers quelque chose de commun à l’espèce humaine, alors il peut contribuer à la paix dans le monde entier. Mais nous n’avons pas encore atteint cette étape. J’espère que l’art y parviendra un jour. (…)

Source : https://www.letemps.ch/culture/toko-shinoda-102-ans-peindre-une-ligne-un-reve

 
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